| |
1°) Les sorcières

Lorsque l’on évoque les sorcières, la représentation commune qui nous vient à l’esprit, est cette femme vieille laide, au nez allongé, le regard fourbe et malsain doté d’un rictus en coin grinçant. Parfois coiffées d’un chapeau de paille usagé, on la conçoit au dessus de sa marmite concoctant diverses potions et breuvages destinés à produire différents effets en fonction de leurs ingrédients. Entourées d’animaux faisant référence à la culture du mal et au diable, comme des chats, crapauds et serpents, la sorcière n’inspire guère la confiance, mais plutôt la perfidie et la méchanceté.
La sorcellerie remonte à la nuit des temps, et a pris selon les époques et les cultures, différentes formes et différents noms. Dans tous les cas, la sorcellerie est rattachée à la pratique de la magie, en l’occurrence la magie noire, dans le but d’attirer à soi ou à ceux qui leur feraient appel, les faveurs des esprits diaboliques et démoniaques, pour accroitre leurs biens matériels, influence, pouvoir de séduction, et capacité de nuire à leurs ennemis. Au même titre que la pratique de la sorcellerie peut vous permettre de nuire, elle peut être aussi utilisée pour conjurer un maléfice jeté à votre encontre par une personne qui souhaiterait vous voir faillir.
Au Moyen Age, tout est principalement régi selon les superstitions populaires, ou les pratiques magiques, invocations et rituels prennent une place importante. La science à cette époque n’existait pas, et tous les événements, que l’on trouverait normaux de nos jours, n’obtenaient d’explications nulle part ailleurs que dans les pratiques magiques. Voilà de quoi entrainer les sentiments constants de peur et de crainte. En utilisant la pratique de la sorcellerie sur les évènements, on tentait de les anticiper, de les éviter, et même mieux si cela s’avèrerait possible, de les utiliser à son avantage.
La sorcière, associée à l’infini pouvoir maléfique, offrait bien souvent une solution à tous les maux, du moins en théorie. Pour chaque demande, quelle qu’elle soit, une solution passant par la pratique magique existait, et faisait appel à un démon spécialisé dans le type de requête que vous souhaitiez voir exaucer. Evidemment, il va de soi que ses services étaient effectués contre des richesses sonnantes et trébuchantes.
Assurément, les sorcières que l’on pensait capables de pouvoir agir sur les forces naturelles de la sorte étaient craintes. Vivant parfois à l’écart du reste de la population, elles n’en inspiraient pas moins un sentiment partagé de peur et d’angoisse. Il valait mieux ne pas être en tort avec elles, ni même être en tort avec quelqu’un qui n’aurait aucun scrupule à utiliser les capacités magiques d’une sorcière pour vous nuire. Il était donc très aisé de les accuser de tous les torts et malheurs s’abattant sur la société de l’époque. Faute de trouver une explication logique et rationnelle, la sorcière devenait naturellement la cause de tous les tracas. Pouvant difficilement démontrer son innocence vis-à-vis des accusations qui étaient proclamées à leur encontre, elles finissaient irrémédiablement par subir des procès expéditifs suivis de sanctions maximales, souvent la mort, brulées vives sur les bûchers. C’est là le départ de la chasse aux sorcières. L’Inquisition, fit tant de victimes, innocentes souvent, fruit de la peur collective, que l’on couvrait sous l’argument de l’hérésie.
|
|