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La première impression est toujours la bonne
La première impression est toujours la bonne. Combien de fois a-t-on pu entendre cette petite phrase qui résume parfaitement le rôle de l’intuition. Une rencontre avec une personne vous donne une vague impression que quelque chose ne colle pas. Vous ressentez un léger ou profond malaise en sa compagnie malgré le fait que vous réunissiez sur le papier tout ce qu’il faut pour vous entendre et faire des projets ensemble. Cette première impression lorsque l’on rencontre une personne ou que l’on visite un lieu, est un message clair de notre intuition, nous indiquant que votre interlocuteur ne fera surement pas l’affaire dans ce que vous souhaitez obtenir de lui, ou que l’endroit dans lequel vous vous situez ne mérite pas que l’on s’y attarde plus longtemps. Si vous venez à douter de cette première impression, rien ne vous empêche de continuer, mais il est clair que vous vous rendrez vite compte que celle-ci se confirme.
La manifestation de notre intuition parait parfois critiquable en tant que personne réfléchie et intellectuelle. Elle nous indique comment l’on doit agir alors que bien souvent nous n’avons pas un seul élément en main pour analyser la situation. Et pourtant, celle-ci s’avère toujours bonne. Doit on en conclure que moins nous avons connaissance d’éléments concrets et plus il est facile de ne pas se tromper. Je pense que oui.
Je vais illustrer ceci par un petit exemple très simple qui m’est arrivé il y a quelque temps. Je devais me rendre dans une ville à plus de cinq cents kilomètres de mon domicile, pour un rendez vous professionnel. A cette époque les gps et autres appareils électroniques nous indiquant la meilleure route à prendre n’existaient pas. Et je n’avais pas pris avec moi de carte routière, pensant qu’elle ne me serait pas d’une grande utilité. Après avoir parcouru les trois quarts du chemin, je finis par me retrouver enchevêtré dans une succession de petits villages, dans lesquels je n’arrivais plus à trouver un panneau directionnel clair pour m’indiquer mon chemin.
J’étais véritablement perdu au beau milieu de nulle part. Je continuais d’avancer tout en pensant à m’arrêter immédiatement dès que je verrai une personne sur le côté, capable de me renseigner. Quelques centaines de mètres plus loin sur un rond point, je sens soudain cette petite sensation intuitive qui m’indique une direction. Un peu énervé d’être perdu, je n’ai pas suivi cette intuition et décidais de prendre une autre direction que je jugeais meilleure, rationnellement parlant. Mais cette sensation de lourdeur m’envahit. Sensation qui m’indique parfaitement que je ne suis pas du tout là où je devrais, et que ma décision d’avoir pris ce chemin n’est pas la bonne. Au bout de quelques kilomètres, je finis par me rendre compte que je suis en plein dans l’erreur et fais demi-tour. Je retrouve alors ce rond point et prends la direction indiquée par mon intuition. A peine trois kilomètres plus loin j’aperçus ce panneau directionnel que je cherchais tant. La ville que je cherchais était parfaitement bien indiquée, je ne pouvais plus me tromper.
Voilà un exemple concret et parfaitement révélateur que le manque d’informations est parfois un vecteur influent sur la bonne prise de décision. Je suis complètement perdu, je ne sais plus où aller, mon intuition se manifeste pour une direction précise, et il se trouve que c’est la bonne. Pourtant rien autour de moi ne pouvait m’influencer d’une manière ou d’une autre.
Les joueurs de football ou autres sportifs pratiquant régulièrement une activité où l’action et la prise de décision doivent être rapides tout en ayant très peu de données disponibles, en sont aussi une démonstration parfaite. Lorsqu’un joueur arrive près du but adverse, il ne peut s’attarder à analyser toutes les solutions de façon rationnelle qui se présentent à lui pour arriver à marquer. Tout simplement parce qu’il n’en a pas le temps. Son premier choix, pourtant déterminé dans l’action et la rapidité, est à plus de cinquante pour cent le bon.
Si maintenant, nous prenons le même joueur dans une situation identique, mais qu’au moment où celui-ci doit prendre rapidement une décision, nous lui donnons tout le temps qu’il désire, celui-ci commence par observer puis trouver des solutions auxquelles il n’avait nullement songé. Mais le soudain flot de possibilités et de données présentes, ne lui fait prendre seulement la bonne décision qu’à vingt cinq pour cent.
L’abondance de données ne change en rien l’aspect réel de notre intuition. Celle-ci ne changera jamais, on peut dire qu’elle est immuable. Le piège étant au niveau conscient, lorsque trop de données viennent à nous faire douter de cette intuition. Et je pense, et je dirai même que j’en suis sûr, que beaucoup d’entre vous lisant cet article, s’il remonte un instant dans son passé, se retrouvera dans un exemple similaire.
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